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Pourquoi la Rumba Congolaise de Brazzaville s'essouffle ?

[Congo] Manfoulou--Doudou Copa


Roi Makoko 1er, roi des Batékés



Pierre Savorgnan de Brazza pénètre au Congo par l'Ogoué et Henry Morton Stanley arrive à Boma par Pouta Negra ( Pointe Noire ), Comptoir des esclaves.

L'histoire de la colonisation d'Afrique vers la fin du 19ème siècle est marquée par les explorateurs Henry Morton Stanley et Pierre Savorgnan de Brazza qui découvrent le Congo Kinshasa et le Congo Brazzaville. Pierre Savorgnan de Brazza pénètre au Congo par l'Ogoué et Henry Morton Stanley arrive à Boma par Pouta Negra ( Pointe Noire ), Comptoir des esclaves. Ce dernier parcours la route des esclaves qui relie Pouta Negra à Zanzibar à la découverte de l'explorateur Livingstone perdu depuis. Nous sommes entre 1875 et 1882.

Lorsque Pierre Savorgnan de Brazza débarque en 1875 au Congo, en compagnie du Sénégalais Malamine, il signe un accord avec le Roi Makoko qui lui permet de fonder la ville de Brazzaville.



Lorsque Pierre Savorgnan de Brazza débarque en 1875 au Congo, en compagnie du Sénégalais Malamine, il signe un accord avec le Roi Makoko qui lui permet de fonder la ville de Brazzaville, située en face de Kinshasa, l'ancien Léopold ville créé par Henry Morton Stanley. Ainsi, la France prend possession du Congo Brazzaville à partir du Gabon et pénètre par le fleuve Congo en Oubangui Chari devenu la Centrafrique puis au Tchad. Brazzaville devient par la suite la capitale de l'AEF ( Afrique Equatoriale Française ) qui comprend le Congo Brazzaville, le Gabon, le Tchad et la République Centrafricaine.

Brazzavile capitale de la France Libre en 1940

L'Afrique Equatoriale Française répond à l'appel du 18 juin 1940 lancé depuis Londres par le Général de Gaulle. Le 27 août 1940 Félix Eboué alors gouverneur du Tchad rallie de Gaulle pour tenter de mettre fin à l'occupation de France par l'ennemi. Ensuite, l'Oubangui chari devenu depuis la République Centrafricaine suit l'exemple de Félix Eboué aussitôt. Le Colonel Leclerc fait main basse sur Douala et Yaoundé et engage le Cameroun dans le rang des fidèles du Général de Gaulle. Enfin le Colonel Larminat prend le pouvoir à Brazzaville et fait de cette ville la Capitale de la France Libre. Ainsi, la ville de Brazzaville est construite en pierres pour résister aux éventuels bombardements d'ennemi et bénéficie à ce titre de certains équipements sociaux .




Kosmos Moutouari 




Rémi Salomon


Jacques Loubelo




La Musique Congolaise de Brazzaville qui a longtemps fait la pluie et le beaup temps en Afrique et sur le plan international est en crise.

Et pourtant le Congo Brazzaville à travers Paulo Kamba fait partie des pionniers de la Rumba dite Congolaise. Brazzaville capitale de l'Afrique Equatoriale Française et de la France Libre est aussi la capitale de la Rumba depuis les années 40. Brazziville a été longtemps une plaque tourante de la Rumba Congolaise. "Brazza la verte" rythme à l'époque au pas de la Rumba de "Poto Poto" à "Bakongo" et de Brazzaville à Pointe Noire. Il y a la prolifération des orchestres et des groupes vocaux de 1950 à 1980. L'on vient de Kinshasa et de Bangui pour faire la fête à Brazzaville avec le "Bantou de la Capitale" et le lendemain l'on se défoule chez le "SBB". Malheureusement cette époque est révolue.

Le projet de la construction du chemin de fer Congo Océan CFCO décidé par la France en 1930 attire la main d'œuvre massive.



Pierre Savorgnan de Brazza


Le chemin de fer Congo Océan CFCO est inauguré le 10/07/1934 après neuf années d'efforts surhumains, selon le Journaliste Français Albert Londres qui découvre une grande désolation de la colonisation. Cette ligne qui relie Brazzaville de Pointe Noire est qualifiée par Albert Londres de " La grande Fonte des Nègres " lors d'un reportage en Afrique. Selon lui, 17 000 travailleurs, notamment de nombreux " Sara " du Tchad et des Centrafricains meurent d'épuisement. Outre des Africains qui trouvent la mort massivement pendant ces travaux, plus de deux mille travailleurs chinois paient également un lourd tribu.

Le projet de la construction du chemin de fer Congo Océan CFCO décidé par la France en 1925 attire la main d'œuvre massive, surtout Centrafricaine et Tchadienne qui converge à Brazzaville pendant cette période.
. Aussi, les Centrafricains, les Tchadiens, Camerounais et Gabonais viennent massivement à l'école des cadres de Brazzaville pour la formation des enseignants à partir des années 20 et 30 et puis en raison de loi cadre en 1956 qui a pout but l'émancipation d'Afrique.

Dans les années 40 le colonisateur Français installe à Brazzaville un puissant émetteur radio qui arrose toute l'Afrique de la musique Française, Cubaine et Rumba Congolaise.

Brazzaville devient une ville importante et également une capitale musicale. La musique Cubaine, la valse, le Tango, le Polka Piké, le High Life font ravage dans les dancings Brazzavillois. Les anciens séminaristes et fonctionnaires proches des colons jouent de l'accordéon et animent des bals musettes à l'occasion des fêtes. Dans les années 40 le colonisateur Français installe à Brazzaville un puissant émetteur radio qui arrose toute l'Afrique de la musique Française, Cubaine et Rumba Congolaise. Paulo Kamba fonde son groupe "Victoria" avec Antoine Moundanda et Jimmy Zakari.




Théo Blaise N'kounkou


Samy Massamba


Tchiko Tchikaya



Désormais la Rumba Congolaise est née et le puissant émetteur de la radio Brazzaville diffuse et contribue à la vulgarisation de la Musique Congolaise naissante chantée par Paulo Kamba et Antoine Moundanda.

Désormais la Rumba Congolaise est née et le puissant émetteur de la radio Brazzaville diffuse et contribue à la vulgarisation de la Musique Congolaise naissante chantée par Paulo Kamba et Antoine Moundanda. Le Centrafricain Jimmy Zakari assure tantôt la rythmique guitare, tantôt le solo pour meubler ce style musical nouveau inspiré du Son Cubain, communément appelé Salsa. Paulo Kamba recrute Antoine Moundanda venu de son village de Kinkala pour travailler en ville. Joueur de "Likémbé" ou "Sanza", Antoine Moundanada d'origine paysanne chasse les esprits mauvais des malades soignés par son père qui est guérisseur au village. Son instrument le "Likémbé" qu'il introduit dans la Rumba Congolaise permet de chasser les mauvais esprits des malades. Après avoir été musicien, domestique, Antoine Moundanda intégre le Ballet National Congolais et devient retraité de la fonction publique. Bien évidemment, Brazzaville est le temple de la Rumba du fait son environnement et du mouvement ayant favorisé à l'émergence de cette nouvelle création. Brazzaville la capitale de l'AEF, un nouvel El Dorado du fait d'attirer des populations cosmopolites ( Gabonais, Centrafricains, Camerounais, Tchadiens, Sénégalais, Béninois, Ganéens, Togolais, Maliens…) et qui contribuent à l'enrichissement de sa musique. Le quartier " Poto Poto " de Brazzaville créé par ces étrangers devient un lieu animé et d'ambiance où fleurissent les premiers dancings. Outre la radio qui produit et diffuse des oeuvres locales, quelques boîtes de nuit en ville accueillent des formations musicales.

Les " Popos " emmènent à Brazzaville le High Life Ganéen en vogue et l'introduisent dans la Rumba.



Travaux du Chemin de Fer Congo Océan


L'histoire de la rumba congolaise

La " Nkoumba " appelée plus tard à Cuba Rumba est une danse de nombril ayant pour origine l'Afrique Centrale, plus précisément le Royaume Kongo et en République Centrafricaine dans le groupe ethnique " Mbati ". En " Mbati ", comme en " Mokongo ", " Nkoumba " désigne le nombril. Chez les Bakongo ( groupe ethnique situé au sud du Congo démocratique, Congo Brazzaville, l'Angola, Gabon ) et les " Mbati " de Centrafrique la danse de nombril est une expression folklorique charnelle permettant à un couple de danseurs de se produire nombril contre nombril. Lorsque les esclaves noirs Africains débarquent à Cuba il y a 4 siècles avec la danse " Nkoumba ", le colonisateur Espagnol voulant supprimer l'Africanité de cette expression culturelle la baptise la Rumba. Du point de vue linguistique, Cuba conserve à ce jour plusieurs mots d'origine Africaine, et ce en dépit de nombreuses transformations subis. A titre d'exemple, " Langa " qui désigne le tarot en langue Sango ( langue nationale de Centrafrique, d'origine d'ethnie Sango ) veut dire la même chose à Cuba. Lorsque la Rumba est revenue en Afrique entre les années 40 et 50 après avoir été longtemps un moyen d'expression artistique et derevendication des noirs qui dénoncent l'injustice dont ils sont victimes à Cuba, elle a été réappropriée par les Africains. Avec l'évolution du temps les musiciens Africains intègrent leur folklore dans ce riche patrimoine culturel et l'enrichissent d'autres courants musicaux.



Le Mouvement Culturel Congolais de 1957/1959 et la naissance de l'orchestre Bantou de la Capitale.

Avant le Mouvement Culturel de 1957/1959 il y a deux grands dancings au Congo. " Congo Bar " et " Faignand " au quartier " Poto Poto ". Au quartier " Bakongo " il y a " Lumo Congo " et " Massédo " chez un métis Portugais. Des orchestres de kinshasa arrivent massivement à Brazzaville pour se produire assez régulièrements dans ces cadres. Deux grands orchestres de Brazzaville animent la capiltale. "J D. Bohôme" ( Jeunesse de Dahomet ). Il s'agit d'un quartier Dahomet de Bakongo qui se situe actuellement à l'ambassade de France. Des musiciens sont composés de Congolais, Centrafricains , Dahoméens, Béninois de nos jours et Tchadiens. Le groupe "J D Bohôme" anime avec un accordéon, une trompette, un marcas, une clave, un tambour Béninois avec une grosse caisse qui va apporter un tempo à la Rumba Congolaise. Nous sommes à Bakongo dans un autre quartier Dahomet qui se situe actuellement à Mpissa. A Poto Poto il y a "Victoria Brazza" de Paulo Kamba et Bodoin Mavoula. Il importe de signaler la naissance d'ABAKO ( Association de BaKongo au Congo Démocratique ) dirigé par l'ancien Président Joseph Kazavubu. L'année 1959 marque également la naissance de l'orchestre " Bantou de la Capitale "avec Loubélo Daniel dit de la Lune, Essou Jean Serge, Edo Nganga, Celestin Nkouka dit Célio, Pandi Saturnin, Dicky…




Franklin Boukaka

Ok ! jazz fondé et modernisé par des Brazavillois.


Après avoir fondé et fait la pluie et le beau temps du tout puissant " Ok ! Jazz " avec Franco Luambo Makiadi, ces Congolais de Brazzaville regagnent le bercail et fondent le " Bantou de la Capitale " qui devient toute une école musicale. Lorsque le propriétaire du Bar Ok ! de kinshasa engage Franco pour animer dans ce cadre, celui-ci fait appel à des musiciens et chanteurs expérimentés Congolais de Brazzaville parmi lesquels : Essou Jean Serge, Nganga Edo, N'kounka Célestin dit Célio, Pandi Saturnin et Daniel Loubélo dit de la Lune. A vrai dire, le groupe Ok ! Jazz est composé majoritairement des Brazzavillois qui font sa force. Nganga Edo rejoint plus tard par Boy Banda constitue le fer de lance de de la ligne d'attaque de l'Ok ! Jazz. De la Lune, Essou 3 S, Célio et Pandi assurent une orchestration sublime.

les Brazzavillois Youlou Mabiala, Boy Banda et Céli Bitchu intègrent l' " Ok ! Jazz " en 1964 et le modernise avec une méthode nouvelle de chanter.

De 1956 à 1958 la formation "Ok ! Jazz" marque l'histoire de la Rumba Congolaise avec des tubes tels que : " Minéli " ; " Aimé wa Bolingo " ; " Motéma na nga épaye na Mama ". Aussi, de la Lune est le premier musicien qui modernise et popularise des chansons " Moukongo " au sein de l'" Ok ! Jazz ". Puis, l' " Ok ! Jazz " est rénové en 1959 après le départ des Brazzavillois. Ainsi, arrive Vicky Longomba, Kwami, Mujos et Simaro qui apportent un souffle nouveau à cet héritage. La période d' " Ok ! Jazz " de 1959 à 1963 est marquée par les tubes : " Quatre Boutons " ; " Course au Pouvoir " ; " Matinda " ; " Polo " et " Si tu bois beaucoup ". Enfin, les Brazzavillois Youlou Mabiala, Boy Banda et Céli Bitchu intègrent l' " Ok ! Jazz " en 1964 et le modernisent avec une méthode nouvelle de chanter.

Céli Bitchu entre dans l'histoire de la Rumba avec sa composition sublime " Mado ".

Youlou Mabiala et ses compatriotes deviennent les vedettes du groupe du fait du style nouveau qu'ils apportent à la Rumba Congolaise. Céli Bitchu entre dans l'histoire de la Rumba avec sa composition sublime " Mado ". Youlou se fait adopter par les kinois en chantant " Djémélassi ". Lorsque les Brazzavillois rentrent au pays entre 1977 et 1978, Franco fait appelle à une pléthore de chanteurs composés de : Ndombé Opétum, Jo Poy, Madilu System et Disky Kiamboukouta qui galvanisent le groupe dans les années 80 avec les tubes : " Na bali Misère " ; " Ba botoli yé Tonga " ; " Mario " ; " Mamou " " Boma ngaï nga na boma yo ".




Zao


José Missamou


Youlou Mabiala



L' " Ok ! Jazz atteint son paroxysme en 1986 après 30 ans de succès incontesté et son chef fondateur Franco Luambo Makiadi meurt suite à une longue maladie.

L' " Ok ! Jazz atteint son paroxysme en 1986 après 30 ans de succès incontesté et son chef fondateur Franco Luambo Makiadi meurt suite à une longue maladie. L'héritage de Franco s'envole en éclat parce que le rassembleur n'est plus et il faut du caractère pour continuer à diriger l' " Ok ! Jazz devenu une véritable institution. La famille de Franco s'en mêle et réclame sa part de gâteau.

Simaro Lutumba le fidèle des fidèles part fonder le " Bana Ok ! ".
Youlou Mabiala se réclame de l'héritage de Franco reprend la direction de l' " Ok Jazz " Moribond.

Simaro Lutumba le fidèle des fidèles part fonder le " Bana Ok ! ". Youlou Mabiala se réclame de l'héritage de Franco reprend la direction de l' " Ok Jazz " Moribond avec une portion congrue de musiciens qui ne s'inscrivent pas dans la philosophie tracée par le père fondateur Luambo. Pour consolider cet héritage de Franco, Youlou Mabiala le nouveau chef de l " Ok ! Jazz " épouse l'une des filles de Franco. De 1986 à ce jour ni l' " Ok ! Jazz " rénové de Youlou, ni le " Bana Ok ! " de Simaro n'arrive à émerger après la mort du père tout puissant. En 2005 Youlou Mabiala sérieusement souffrant s'écroule sur scène à Pointe Noire et se fait évacuer sanitaire ment en France à Orléans où son état de santé est jugé critique. Ainsi, l'avenir de l' " Ok ! Jazz " devient incertain.

Le Cercle Culturel de Brazzaville est fondé en 1959 à l'image de l'Alliance Fançaise



Chemin de Fer Congo Océan
Le Cercle Culturel de Brazzaville est fondé en 1959 à l'image de l'Alliance Fançaise. Les blancs possèdent l'Alliance Française où se développe leur Culture. Les anciens séminaristes, de l'école des cadres et les intellectuels intégrent le Cercle Cuturel installé aux quartiers " Poto Poto ", "Bakongo" et autres grandes villes de Congo Brazzaville. Le Cercle Culturel a pour but de favoriser la promotion de la Culture Congolaise dans son ensemble dans ces lieux nouvellement fondés. l'Abbé Fulbert Youlou devenu le premier Président Congolais et le Monseigneur Mayoula sont à l'origine de la création de ce Cercle Culturel qui déclenche une prise de conscience chez de nombreux Congolais. Ainsi, des associations des femmes appelées " Muziki " sont nées au sein des groupes Musicaux. Ces femmes animent à l'occasion des fêtes et développent une chaîne de solidarité entre les membres de l'association.

André Matsoua et le mouvement " Korbo ".

Un Révolutionnaire Africain et Anarchiste qui fait partie des premiers intellectuels Congolais fonde l'Amicale des Etudiants Africains en France. André Matsoua ancien tirailleur fonde le Matsouanisme dans les années vingt pour réclamer l'amélioration de la vie des Congolais de Brazzaville. Il demande aux Congolais de ne pas s'acquitter des impôts imposés par l'administration coloniale. Le Révolutionnaire développe le Mouvement des " Korbo " qui rejettent la Culture Occidentale. Les " Korbo " refusent de se faire délivrer la pièce nationale d'identité pour réclamer une certaine liberté de circuler sans pour autant se conformer aux règles imposées et venues d'ailleurs. André Matsoua est arrêté en 1929 et exilé aux Antilles en prison où il meurt en 1942. De nos jours, les adeptes d'André Matsoua martyrisé par le colonisateur Français le vénèrent au même titre qu'un Messie. Le Mouvement Culturel Congolais donne l'occasion à certains de développer le Matsouanisme longtemps combattu par le colonisateur.



André Matsoua

Le Mouvement Culturel Congolais donne naissance à la Musique Moderne, Chorale au Ballet et aux groupes d'animation de femmes. Quand " Victoria ", " JD Bohôme " et " Congo Rumba de Lebel " se produisent, les femmes " Muziki " animent également. Parmi ces " Muziki ", outre les Congolaises de Brazzaville, il y a des Centrafricaines, Congolaises de Kinshasa et des Cabidaises. Les " Muziki " chantent également dans les veillées et à l'église.

Ange Linaud et le groupe des fonctionnaires.

Ange Linaud le compositeur et interprète de la célèbre chanson " C'est toi que je préfère " qui a fait le tour du monde débute dans le groupe des fonctionnaires. Le groupe des fonctionnaires est composé d'Ange linaud, Sam Moréno dit Sam Mangwana, Pécos, Céli Bitchu…) Cette formation a vu le jour pour faire la musique parce qu'il y a l'orchestre " le Cercule Jazz " qui fait bouger tout Brazzaville. Djéndo Mouba Ange dit Ange Linaud est né à Brazzaville en 1947. Il devient Boucher après ses études primaires et débute sa carrière de chanteur en 1957 et intègre la chorale de l'église de Saint Anne de Brazzavile " Les Piroguiers ". Ange Linaud fait partie d'un Mouvement Culturel des Bouchers Congolais qui inventent la célèbre danse " Boucher " pendant les concerts de " Bantou de la Capitale ". Le groupe des fonctionnaires se produit sur l'avenue André Matchoua à Bakongo.



Travaux du Chemin de Fer Congo Océan
Ange Linaud réside à Bakongo où l'on assiste au développement de plusieurs groupes vocaux. " Les cheveux crépus " avec Jacques Loubelo, Albert Massamba Coster et Prospers Nkouri. Les " Echos Noirs " de Sambango, Martino et Titos. Groupe devenu " Mbamina " qui évolue en France de 1970 à 1990. Il y a également " Les Mains Blanches ", les " Colles bleues " qui animent la vie musicale Brazzavilloise.

Puis le groupe des fonctionnaires devient " Rubambéros "




Essou Jean Serge


Ange Linaud fréquente tous ces groupes. Dans le groupe des fonctionnaires, Ange Linaud interprète la chanson française. Géry Gérard le soliste part pour Bantou, d'où la disparition du groupe des fonctionnaires. Puis le groupe des fonctionnaires devient " Rubambéros ", une formation phare " d'African Jazz " qui alimente Joseph Kabassélé en chansons. Sylvain Mbemba et Gérard Bitchindou le compositeur de " Lolita Miya " et Lamoré forment l'ossature de ce groupe musical composé en majorité d'intellectuels des deux rives du Congo. Nous sommes en 1959 et le Congo Brazzaville Prépare son accession à l'indépendance.

Variété française et la Salsa Cubaine.

De 1960 / 1963 Ange Linaud est devenu Boucher en ville et intègre le groupe " Mayombe " qui anime des bals des blancs. Un orchestre de boîte qui chante en Français. Gérard Madiata qui chante en français anime dans des boites et des soirées officielles à Kinshasa. Dans les années 60 l'on assiste à deux tendances musicales élitistes à Brazzaville et à Kinshasa. Ange Linaud et Gérard Madiata chantent la variété française tant dis que Grand Kallé et Franklin Boukaka jouent de la Salsa Cubaine.

En 1963 la Révolution chasse l'Abbé Fulbert Youlou et Massamba Débat devient Président de la République.



Abbé Fulbert Youlou
En 1963 la Révolution chasse l'Abbé Fulbert Youlou de pouvoir par un Mouvement Culturel des intellectuels dirigé par l'Instituteur Massamba Débat qui devient Président de la République. Selon Massamba Débat, l'on fait une révolution en gardant notre amitié d'hier pour faire allusion à la France. En fait, la Révolution Congolaise apporte un changement Culturel et une transformation des mentalités sans modifier les accords de coopération signés avec la France, puissance colonisatrice, et ce en dépit de forte relation avec l'ex l'URSS et le Cuba. A l'instar de Cuba, la Jeunesse Congolaise reçoit une éducation fondée sur les principes Marxistes et Léninistes. Le Sport et la Culture se développe sur tout le territoire. Des miliciens s'impliquent dans la surveillance du territoire. L'éducation est mise en avant et le Congo atteint à cette époque l'un des meilleurs taux de scolarisation en Afrique. Une solidarité est développée avec l'Angola voisin qui lutte contre le colonisateur Portugais.

Ange Linaud fonde en 1969 sous le règne de Marien Ngouambi le " SBB Super Boboto ".



Aurlus Mabélé et Sultan Zembellat
Ange Linaud, Sam Mangwana et de la Lune fondent le groupe " Témbo le Peuple ". Ange Linaud fonde en 1969 sous le règne de Marien Ngouambi le " SBB Super Boboto " avec Kinzonzi jules, Pirate, du Soleil, Nkaya Matos, Aimée Amédé Kibuilou. Le " SBB " est créé chez " Faignand " avec Albert Coster Massamba. En 1972 il y a eu la dislocation de " SBB " suite à la création de plusieurs orchestres tels que " Mando Négro kouala Kwa " avec Master Mwana Congo, " Sinza kotoko " de Ya Gabi puis des groupes amateurs " Bélingué ", " Sakana ", " Ndimbola Lokolé ", Les " As " qui donnent naissance à l'orchestre " Ballet National de la Jeunesse " en 1977 sous la direction Lucien Kimpouni, Pambou Tchikaya, Amédée Kibuila, Denis Loubassou la Cloche, Saiskin Molénga. Lucien Kimpouni et Ange Linaud fondent en 1977 l'UMC ( l'Union des Musiciens Congolais ) et Ange Linaud devient le premier Président.



Franklin Boukaka musicien intellectuel et engagé est tué en 1972 sous le règne de Marien Ngouabi.

Qui ne se souvient pas de Franklin Boukaka et de ses chansons engagées ? " Les Bûcherons " restent encore gravés dans la mémoire collective de tous ceux qui militent pour la Liberté de leur peuple. " Tout homme doit mourir un jour mais, toutes les morts n'ont pas la même signification ". A travers cette chanson intitulée " les Immortels ", Franklin Boukaka rend hommage aux combattants de la Liberté ( Médhi Ben Barka, Barthélémy Boganda, André Matchoua, Oum Niobé, Simon Kimbangu…)



Travaux du Chemin de Fer Congo Océan
Franklin Boukaka musicien intellectuel et engagé est tué en 1972. Il est avant sa mort meneur du Mouvement Culturel Congolais, dénonce le colonialiste et la misère de son peuple. " le peuple bouffe des légumes pendant que certains se nourrissent de la bonne chaire ". En ce terme, Franklin Boukaka l'un des fondateurs de " Cercul Jazz " dénonce le pouvoir en place qui opprime le peuple. Si le Congo Brazzaville excelle dans les chansons d'amour à travers sa Rumba, quelques rares musiciens intellectuels, révolutionnaires, réactionnaires, visionnaires et panafricanistes comme Franklin Boukaka et Alpha Blondy abordent des thèmes de prise de conscience nationale et internationnale. Outre la collaboration de Franklin Boukaka avec Manu Dibango sur plusieurs enregistrements, " Antoinette Muanga " l'une de ses titres est repris par de nombreux Cubains et notamment par le célèbre groupe " Orchestra Aragon de Cuba "

En 1977 Marien Ngoambi est tué et Joachim Yombi Opango prend le pouvoir et demande le retour des artistes du pays qui évoluent au Congo voisin.

En 1977 Marien Ngoambi est tué et Joachim Yombi Opango prend le pouvoir et demande le retour des artistes du pays qui évoluent au Congo voisin parmi lesquels : Michel Boy Banda, Youlou Mabiala, Loko Masséngo et Céli Bitshu. En voulant consolider la musique Congolaise, Joachim Yombi Opango recherche à vrai dire à renforcer son pouvoir en faisant appel à ces chanteurs célèbres. D'où la création " des trois Frères " en 1977 composé de Youlou, Loko Masséngo et Boy Banda qui secoue le Congo à travers le tube " Chéri Kamikaze ". Céli Bitchu reste à kinshasa où il évolue au sein d'Ok ! Jazz de Franco Luambo Makiadi. En 1977 le mouvement de jeunesse Culturelle avec l'UMC rassemble les Ecrivains, les Plasticiens, les Dramaturges, les Comédiens en une grande organisation dénommée l'UNEAC ( Union Nationale des Ecrivains et Artistes du Congo ) avec son premier Président Mountou Tipoua Joseph, l'ancien chef d'orchestre " d'Orphée Jazz ".





L'UNEAC est à l'origine de la création de FESPAM ( Festival Panafricain de Musique ) organisé depuis 1996 à Brazzaville sous le Président Pascal Lissouba.



Président Alphonse Massamba Débat
L'UNEAC est à l'origine de la création de FESPAM ( Festival Panafricain de Musique ) organisé depuis 1996 à Brazzaville sous le Président Pascal Lissouba. Le BCDA ( Bureau Congolais des Droits d'Auteur ) et le syndicat des artistes Congolais sont fondés dans les années 80 par Ange Linaud et Lucien Kimpouni. Les deux organisations sont présidés en ce moment par Ibel Ibéla et Dercy Mandjangou. Ange Linaud devient en 1995 et 1996 Conseillé spécial du Premier Ministre en matière Culturelle. Il participe au premier FESPAM en 1996 où il chante " C'est toi que je préfère " avec Mamie Claudia, chanteuse Congolaise décédée dans les années 90. Ange Linaud est décédé en 2001, après avoir contribué à l'histoire de la musique Congolaise et rencontré un grand succès mondial avec son célèbre tube arrangé par de la Lune " C'est toi que je préfère ".

Les évènement politico-militaires de 1997 / 1998 ont occasionné la destruction de l'unique structure Culturelle de la sous région et pénalisant de ce fait les artistes.

Dans les années 70 le Congo Brazzaville est doté d'une industrie musicale ( studio d'enregistrement et fabrique de disque ) dénommée SOCODI et installée par une mission de la coopération de la Chine Populaire. Cette structure qui fait de Brazzaville une capitale Culturelle et d'industrie musicale qui attire majoritairement des artistes et groupes du Congo voisin se modernise et devient l'IAD avec une unité de duplication de k7 audio. Malheureusement, les évènements politico-militaires de 1997 / 1998 ont occasionné la destruction de l'unique structure Culturelle de la sous région et pénalisant de ce fait les artistes.

La Musique Congolaise moderne s'essouffle.

Après avoir rencontré des succès mondiaux incontestés à travers leurs portes drapeaux : Franklin Boukaka, Pamelo Moun'ka, José Missamou, Aurlus Mabélé, Pierre Moutouari, Zao, Youlou Mabiala, les Mbamina, la Musique Congolaise moderne s'essouffle. La musique Congolaise est en baisse de régime depuis les années 90 et subit la domination de son voisin le grand Congo. Plusieurs raisons expliquent cette chute vertigineuse de la Rumba Brazzavilloise. Tout d'abord, le déséquilibre occasionné par la guerre civile à répétition qui déstabilise les groupes locaux et tout le circuit économique existant. Quand l'économie va mal, le Culturel aussi souffre. L'état de pauvreté avancé des Congolais ne leur permet point en ce moment de consommer leurs produits culturels. Aussi, la situation économique dégradante pousse de nombreux artistes sur le chemin de l'exil et provoque de ce fait une pénurie de musiciens expérimentés au pays. De plus, l'absence d'une Politique Culturelle pouvant encourager le renouvellement des anciennes gloires est à prendre en compte. Enfin, la perte d'identité du style Musical Congolais a aussi contribué à sa chute. Autrefois, l'on distingue le " Bantou de la Capitale " d' " Ok ! Jazz " du Congo voisin par son style de guitare estampillé par Géry Gérard et par le chant harmonique teinté d'accent Brazzavillois dans laquelle l'on reconnaît les timbres de Pamelo Moun'ka et Kosmos Moutouari.




Lolo Lolita


Antoine Moundanda

Domingo et Alphonse





African Jazz de Kallé


Le FESPAM demeure un outil de revalorisation de la Rumba Congolaise en péril, à la condition de bien redéfinir ses objectifs et de lui donner un sens.

Le FESPAM ( Festival Panafricain de Musique ) fondé depuis 1996 qui vise à regrouper des artistes mondiaux ne revalorise pas malheureusement la Musique Congolaise qui souffre encore dans son ghetto. Ce Festival aurait pu être une occasion donnée de remobiliser et de remotiver la jeunesse Congolaise autour de différents Ateliers Musicaux développés dans le cadre d'Echanges avec des artistes étrangers et expérimentés afin de relancer la Rumba, ce riche patrimoine Culturel en crise. Il est dommage que l'aspect pédagogique même de cette grande Rencontre Musicale Africaine soit occulté par le côté Festif de l'Evènement.

A titre d'exemple, la thématique de FESPAM de 2005 qui vise la Salsa à la rencontre de la Rumba aurait pu faire l'objet en amont et pendant le Festival d'Ateliers d'Echanges de Pratique Musicale ou de Fabrication d'Instruments entre des artistes Congolais, Africains et Cubains. En quoi et dans quelles conditions un rapprochement, un lien ou un enrichissement peut être fait entre la Rumba Congolaise et la Salsa Cubaine ? jouer ensemble sur une scène ne suffit pas forcément de comprendre et d'intégrer la musique de l'autre. En tout état de cause, le FESPAM demeure un outil de revalorisation de la Rumba Congolaise en péril, à la condition de bien redéfinir ses objectifs et de lui donner un sens. Aussi, le gouvernement Congolais doit prendre en compte l'encadrement des nouveaux talents par des anciennes gloires du pays encore vivantes à ce jour. Essous Jean Serge, Nganga Edo, Cosmos Moutouari, Géry Gérard, Céli Bitchu, Boy Banda, Master Mwana Congo ont beaucoup de choses à transmettre à la jeune génération Congolaise qui s'intéresse à la musique.



Source, Maziki.net

Cuisines d'Afrique

Cuisines d'Afrique
Contes d'Afrique
Contes d'Afrique

Musique des Antilles françaises

Les Antilles françaises: la Martiniqueet la Guadeloupeabritent malgré leurs petites tailles une vaste et populaire industrie de la musique originale qui a gagné un renom international grace au succès du zoukdans les années 1980. Le zouk est particulièrement important en Franceoù il est devenu un important symbole de la Guadeloupe et la Martinique [1]. Le zouk a pour origine les musiques folkloriques antillaises comme lechouval bwa martiniquais et legwoka guadeloupéen mais a aussi une origine pan-caribéenne via la tradition de lacalypso.

Les Traites négrières en Afrique
Pages: 235, Reliure inconnue, Karthala
A partir de  23.75 €
L'Invention religieuse en Afrique
Pages: 487, Reliure inconnue, Karthala
A partir de  28.5 €
Rwanda l'histoire secrète
Pages: 494, Broché, Editions du Panama
A partir de  20.9 €
Afrique noire : Histoire et civilisation du XIXe siècle à nos jours
Pages: 587, Edition: 2e édition, Broché, Hatier
A partir de  38 €
Hitler voulait l'Afrique
Pages: 391, Reliure inconnue, L'Harmattan
A partir de  28.26 €
Maghreb, questions d'histoire
Pages: 234, Broché, Editions L'Harmattan
A partir de  19.48 €
Fictions africaines et postcolonialisme
Pages: 326, Broché, Editions L'Harmattan
A partir de  24.7 €

DailymotionDisques et CD





Rikky


Pamelo Moun'ka


Pierre Moutouari